Histoire et Patrimoine

Histoire de la Commune

 

L'HERITAGE HISTORIQUE - ÉLEMENTS D'HISTOIRE


L'occupation humaine à Valdivienne est très ancienne et assez bien documentée, notamment d'un point de vue archéologique. La situation de la commune autour des vallées de la Vienne et de la Dive est, en effet, particulièrement propice à l'installation humaine, favorisée par la présence d'eau douce en permanence.

 

On retrouve ainsi des traces d'occupation dès le Paléolithique ancien (avant 12 000 avant Jésus-Christ, également appelé « l'Âge de Pierre ») entre « Le Temple » et « Cubord rive Ouest », sur la terrasse alluviale située à la confluence de la Dive et de la Vienne (cf. carte en page suivante). Un atelier de taille y était installé et y a perduré durant tout le Paléolithique et le Mésolithique (entre 12 000 et 6 500 avant JC), ce qui indique une activité pré-artisanale très ancienne.

 

Au Néolithique (fin de la période préhistorique, début de la Protohistoire, entre 6 500 et 3 950 avant JC), des traces d'occupation humaine ont été relevées autour des lieux-dits « Le Moulin Milon », « La Pétusière », « La Tombe au Cornemuseux », « Mirevau », « Chabanne », « La Sauzère », « Le Peu » et « La Garenne ». Tous ces lieux-dits ont en commun d'être situés à proximité immédiate de la Vienne.

 

De la même période mais plus en retrait par rapport à la Vienne, on retrouve plusieurs sites funéraires au Nord-Est de « Cubord » autour des lieux-dits « Le Maupas » et « Le Chiron Vollat ». Deux dolmens sont répertoriés et un coffre funéraire a été mis au jour, ce qui atteste l'existence d'une nécropole néolithique sur les hauteurs de la Vallée des Doussières. Un autre coffre funéraire a été identifié, plus au Nord, au lieu-dit « La Croix Rouge ».

 

Pendant les périodes de l'Âge de Bronze (entre 3 750 et 2 700 avant JC) et de l'Âge du Fer (entre 2 700 avant JC et le début de notre ère), les traces d'occupation humaine sont relevées à « La Vitrerie », « Le Temple », « Croix Chartier », « Claireau », « Le Moulin Brault », « La Prunerie », « Cubord » et « La Tombe au Cornemuseux ». Un tumulus est par ailleurs identifié à « La Bataillerie ». On notera l'éloignement général des sites funéraires par rapport aux lieux de concentration de la population.

 

Durant l'Antiquité, l'occupation humaine sur les territoires qui formeront par la suite Valdivienne est beaucoup plus marquée. Toulon prend ainsi une importance particulière, comme en témoigne la 

aqueduc de Toulonconstruction d'un aqueduc gallo-romain au Ier ou au IIème siècle . La Société de recherches archéologiques de Chauvigny, qui s'est intéressée à l'ouvrage depuis 1976, estime que la source se situerait dans la Vallée des Hauts au niveau du « Pré de la Bassie ». L'ouvrage remonte ensuite vers « Les Herbages », suit la rive droite de la Dive et traverse « Claireau ».

 

L'aqueduc de Toulon,

sondage au lieu-dit « Les Frigères »

(fouilles 1985)

 

Là, il franchit la Dive de manière aérienne (portion aujourd'hui détruite) comme en témoigne la toponymie, au Nord de « Claireau », au lieu-dit « Le Pontreau » et sa situation à 4 mètres au-dessus du niveau du cours d'eau. Desservant Toulon et « Le Temple », l'ouvrage avait une longueur totale estimée de 2 500 mètres.

 

Des villas gallo-romaines sont construites à « Mazère », « La Barillonnerie » et « Percloux », À « Bonneuil », en rive Ouest de la Vienne face à Saint-Martin la Rivière, c'est un édifice fortifié qui a été identifié (camp romain).

 

Des édifices cultuels de l'Antiquité ont également été repérés. Entre « Le Temple » et « La Moutte », au niveau du lieu-dit « La Pièce de la Corde », c'est un sanctuaire païen qui a été identifié. À « La Vitrie », au Nord de Saint-Martin la Rivière, en rive Ouest, était situé un fanum, c'est-à-dire un temple gallo-romain ou britto-romain, de plan carré et de tradition indigène, caractéristique de la moitié Nord-Ouest de l'Empire. Construits généralement sur les ruines de sanctuaires païens, les fanums ont perduré jusqu'au Vème siècle où ils sont tombés en désuétude.

 

Plus globalement, on retrouve des traces d'occupation humaine à l'époque gallo-romaine autour des lieux-dits « Saint-Grué », « Les Roches », « Bois de Mortomé », « Le Chambon », « Les Charbonnières », « Fondeuil », « Bois de la Cosse », « Le Moulin à Foulon », « Le Gaschard », « Piché », « Le Charrault », « Champ de la Loge », « La Christopherie », « Pièce de la Cueille », « Pièce de la Bonde », « Pièce de Malle », « Bois Bonhomme » et « Les Fournioux ». Si la majeure partie des constructions d'importance (villas, lieux cultuels...) restent situés en vallée de la Vienne, le développement du génie civil romain a permis l'implantation humaine plus en retrait des lieux d'accès à l'eau, notamment autour de l'axe qui devait relier la bourgade Toulon/Le Temple à Tercé.

 

Au Haut Moyen-Âge, le développement du culte catholique va constituer la structuration du territoire telle que nous la connaissons actuellement. Le maillage des paroisses et l'édification d'églises ou de prieurés, accompagnées généralement d'ouvrages défensifs, d'ateliers artisanaux et d'activités agricoles ou maraîchères, va justifier la concentration de la population autour des quatre bourgs qui formeront par la suite Valdivienne. Ces regroupements sont également encouragés par la structuration féodale de la société en fiefs, généralement organisés autour d'anciennes villas d'importance.

 

C'est le cas notamment pour Saint-Martin la Rivière. Une « villa Saint-Martin, en Pays poitevin, dans la Viguerie de Ranciac » est citée dès 924 au Chapitre de Saint-Hilaire de Poitiers. La viguerie est le territoire de juridiction du viguier, magistrat administratif et rural à l'époque carolingienne. Cette viguerie, dont le chef-lieu reste inconnu, s'étendait de Saint-Martin la Rivière à Lurais (Indre) .

 

Le développement le plus important à l'époque féodale est celui de Morthemer, qui n'avait pourtant pas ou très peu connu d'occupation préhistorique ou antique. La localisation du site paraît principalement défensive, en retrait par rapport à la vallée de la Vienne et donc à l'abri d'attaques fluviales, et comme en témoigne également la situation en hauteur du donjon de Morthemer par rapport à la vallée de la Dive.

 

Les Seigneurs de Morthemer appartenaient à la famille des Vicomtes de Châtellerault . Leur nom est cité dès 1054 et, en 1066, Raoul de Mortemer s'illustre à la Bataille de Hastings aux côtés de Guillaume le Conquérant. Son nom est cité dans l'église de Dives (Calavados), point d'embarquement de la conquête, avec le nom des autres compagnons de Guillaume.

 

En 1097, une charte de l'Abbaye Saint-Cyprien de Poitiers qualifie Morthemer de Châtellenie sous le nom Castellania Mortemari.

 

Les églises Notre-Dame de Morthemer et de La Chapelle-Morthemer sont, elles aussi, anciennes. La première est citée dès 1110 et devient un Archiprêtré rayonnant sur un large territoire religieux à l'Est de Poitiers. La seconde est citée dans une charte de l'Abbaye de Nouaillé dès 1095. Toutes deux sont d'architecture romane et proba blement des XIème et XIIème siècles.

 

De nombreux fiefs mineurs voient le jour sur l'actuelle commune de Valdivienne. Ils dépendent, en grande partie, de la Châtellenie de Morthemer, qui sera érigée en Baronnie dès 1428, et, pour ceux qui sont au Nord du territoire, de la Baronnie de Chauvigny. À cette époque, on dénombrait 28 fiefs dans la mouvance de Morthemer. La multiplicité des demeures nobles, des châteaux et des édifices religieux liés aux quatre paroisses qui ont fusionné explique la richesse archéologique et patrimoniale très importante de la commune.

 

On peut citer notamment, parmi les édifices et lieux à forte valeur historique et patrimoniale :

› Le Château de Saint-Martin (XVIIème siècle),
› Le domaine rural de Bonneuil (même siècle),
› Le Château du Poiron (XVIème et XVIIIème siècles, mentionné dès 1457),
› Le Château de Coulbré (mentionné en 1733 sous le nom « Coulbray »),
› Le fief de Cléré (ou Clairé, mentionné dès 1310 et dont il subsiste une ferme),
› L'église Saint-Hilaire de Toulon (XIème et XIIème siècles),
› Le Château de Peu-Gauvin (mentionné dès 1465 sous le nom « Puy Gauvin »),
› L'église et l'ancien presbytère de Salles,
› La maison ancienne de Chanteloube (dépendant du fief du même nom, cité dès 1467),
› L'ancien Prieuré de Cubord (XIIème siècle, cité dès 1260 sous la forme « Cubort »),
› La Tour de Fressine (XVème siècle, le fief du même nom étant cité dès 1407),
› Le Château de Traineau (XVIème et XVIIème siècles, cité dès 1404),
› L'église Notre-Dame de Morthemer,
› Le Château de Morthemer,
› L'Aumônerie de Morthemer, ancienne maladrerie (XVème siècle),
› La Tour de Cognac (XIème siècle),
› L'église Notre-Dame de La Chapelle-Morthemer,
› Le Château de La Donalière (XVème et XVIIème siècles),
› Le domaine de Bourpeuil (XVIIIème siècle, mentionné dès 1453).
› Le cimetière de Montierneuf où se situe une croix hosannière du XIIème siècle.

 

Une partie de ces éléments est classée au titre des monuments historiques (cf. partie « patrimoine bâti » ci-après). Ces lieux bâtis remarquables sont complétés par un nombre important de maisons ayant conservé des éléments intéressants de leur édification au Moyen-Âge ou dans la période pré-révolutionnaire (structures de remparts, cheminées, fenêtres ouvragées, façades, etc.). La richesse architecturale peut encore être observée en parcourant les lieux les plus anciens de la commune.

 

Au Moyen-Âge se développe également à Valdivienne l'exploitation de carrières. Si l'activité est d'abord artisanale par rapport à ce qu'elle sera aux XIXème et XXème siècles, l'importance médiévale des carrières n'en est pas moins significative.

 

L'extraction de pierre a également dû développer une activité d'extraction métallurgique puisque plusieurs ferriers ont été repérés au « Bois de Mazère » (époque gallo-romaine), au « Bois de Traineau » et aux « Thibaudries » (époque indéterminée pour ces deux derniers). Un ferrier est un monticule composé de déchets ou de scories issus de la production du fer (charbon de bois, cendres, argiles cuites, restes de minerais...). De Longuemar (1870) signale que les calcaires dolomitiques étaient extraits pour servir de fondant (ou « castine ») aux forges de Verrières (6 kilomètres au Sud de Valdivienne). Les pisolithes et concrétions d'oxyde de fer des formations éocènes et plio-quaternaires étaient exploitées pour l'industrie métallurgique locale. Cette ancienne activité, qui remonterait aux Gaulois, est marquée dans les sols par la présence de déchets de forges et fourneaux » .

 

Deux ateliers de terre cuite architecturale, au « Noyer à l'Oiseau » (Haut Moyen-Âge) et à « Mallée » (époque plus récente), ainsi qu'un atelier de potier à « La Maison Neuve » complètent l'activité artisanale de la commune à cette époque.

 

La Carte de Cassini (en page suivante), à travers la toponymie, montre bien les lieux d'habitat sur les paroisses qui composeront par la suite Valdivienne. La répartition de la population est d'ores et déjà organisée dans sa forme actuelle.

 

Les avancées de la Révolution française sont accueillies favorablement dans les communes qui ont formé Valdivienne. Elles plantent ainsi chacune un arbre de la liberté, symbole de la Révolution. Dans chaque commune, il devient le lieu de ralliement des principaux événements révolutionnaires, comme le brûlement des titres féodaux à Saint-Martin-la-Rivière le 1er Novembre 1793. Au moment de la réaction royaliste, celui de La Chapelle-Morthemer est scié. Les troubles liés à cette période sont, somme toute, assez mineurs, ce qui explique sans doute, pour partie, le bon état de conservation du patrimoine sur le territoire communal.

 

Parmi les développements qu'a connus la commune à l'ère industrielle, on peut citer la construction de la ligne de chemin de fer Châtellerault/Bouresse. C'est après la fin de la Première Guerre mondiale que le tronçon Chauvigny/Bouresse (illustration en page suivante), commencé en 1908, est mis en service (8 Août 1922).

 

Contrairement aux idées reçues, cette ligne n'avait pas vocation au transport industriel mais à la circulation de tramways à vapeur le long de la vallée de la Vienne servant aux populations, aux engrais et, parfois, aux récoltes.

 

La ligne, exploitée par la Compagnie des Voies Ferrées du Poitou (VFEP), a perduré jusqu'en 1933. Déficitaire, la compagnie en a abandonné l'exploitation. Les rails ont été déposés et les stations mises aux enchères entre 1934 et 1936. Une partie de ces voies a été exportée en Éthiopie. Les terrains déclassés et débarrassés des voies ont été revendus à l'amiable, le plus souvent à leurs anciens propriétaires.
Il est à noter que Valdivienne comportait trois gares (Saint-Martin la Rivière, Salles-en-Toulon et Morthemer) et une halte à Cubord. C'est à cet endroit que la ligne franchissait la Vienne, sur un pont construit au XIXème siècle à cet effet. Heureusement adapté en largeur au trafic routier, il a pu perdurer à l'arrêt de l'exploitation des tramways. Il a été profondément remanié au XXème siècle pour l'adapter aux normes poids-lourds.

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation traversait les anciennes communes de Salles-en-Toulon et de La Chapelle-Morthemer, du 22 Juin 1940 au 1er Mars 1943, laissant les bourgs des deux communes en zone libre, avec la plus grande partie de leur territoire.

Le maire de Salles, Henri Couillaud, est relevé en 1941 pour « hostilité à la Révolution nationale ».

 

La commune de Valdivienne est créée en 1969 par la fusion de Morthemer, Salles-en-Toulon et Saint-Martin-la-Rivière. La commune prend alors le nom de Valdivienne en contraction de « vallées de la Vienne et de la Dive ». La Chapelle-Morthemer rejoint la nouvelle commune l'année suivante en tant que commune rattachée. Ce n'est qu'en 2013 qu'elle fusionnera avec Valdivienne.

 

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